Chronique n°1 de l'ONAC : Le nom de la guerre

 
 
Chronique n°1 de l'ONAC :  Le nom de la guerre

On se doute bien que ce que nous nommons "Première guerre mondiale" ne s’est pas appelé ainsi à l’origine, même si la guerre a tôt été sentie comme mondiale et qualifiée de la sorte.

L’expression "Première guerre mondiale" n’apparaît régulièrement en français qu’à partir de 1948. Pourtant le conflit qui dura de 1914 à 1918 n’a pas manqué de dénominations. On connaît même peu de guerres qui aient eu autant de noms. Tout le monde y est allé de son appellation. Certaines sont passées à la postérité. D’autres ont le charme suranné des vieilles cartes postales.

Au début, pour l’administration militaire, il s’agit simplement de la « campagne de 1914 ». Dans les journaux, on lit les mots de « Guerre moderne », « Guerre européenne », « Guerre européenne de 1914 », « Guerre 1914-1915 », « Guerre franco-allemande », « Guerre des nations », « Guerre des peuples », « Grande guerre européenne », « Grande guerre 1914-1916 », etc. L’adjectif "grand" restera.

Car dès novembre 1914, les soldats parlent de la "Grande guerre". "Grande" ne voulait pas dire "longue" : jusqu’en 1915, on l’imaginait courte. Mais cette guerre semblait grande par le nombre des participants, des millions d’hommes mobilisés ; grande par l’extension géographique sans précédent ; grande par les quantités de matériels engagés ; grande surtout par les aspects de violence sans exemple.

On sait moins que la qualification de "Grande guerre" traînait déjà dans le vocabulaire de certains officiers supérieurs à l’Ecole de guerre à Paris vers 1910. Dans leur esprit, elle désignait alors la guerre à venir, celle qu’on mènerait avec énergie et panache en attaquant sans répit, le combat qui ferait oublier le désastre de 1870.

Très vite aussi, la guerre de 14 est devenue "grande" dans les discours de ceux qui voulaient la justifier. "Grande" signifiait alors noble, suprême. C’était la grande guerre pour la civilisation et le droit, contre la barbarie.

Au bout du compte, c’est cette formule de Grande guerre qu’on retrouve le plus souvent sur les documents, diplômes et monuments, assortie des millésimes 1914 et 1918. C’est le nom de la guerre de 14-18 dans le Larousse entre les deux guerres.

Mais avant même 1918, une autre locution en forme de slogan commence à courir dans les conversations, la presse et les discours : la Grande guerre est rebaptisée « der des ders ». Le prix payé avait été tel que l’affrontement entamé en 1914 devait être la guerre qui mettrait fin à toutes les guerres.

Carte postale de 1914 mettant en scène le service vétérinaire britanique

Diplôme 14-18 de Jean-Baptiste Richard né à Auroux le 10 novembre 1880, cultivateurs à Florac d'Auroux, aîné de 12 enfants, 2 fois bléssé en 1916 et 1918, 2 citations, croix de Guerre, médaille Militaire etc.

Joseph Saint-Léger, né le 5 novembre 1896 à Saint-Paul le Froid, boucher, mort en 1985, mobilisé en 1915, blessé 2 fois aux deux jambes.