Centenaire de la Première guerre mondiale : Chronique n°2 de l'ONAC

 
 
Chronique n°2 de l'ONAC : La blessure de 1870 et la nouvelle armée républicaine

L’impact de la défaite de 1870 sur la préparation de la France à la Grande guerre est multiple.  En voici un aspect : l’armée se réorganise complètement.

L’impact de la défaite de 1870 sur la préparation de la France à la Grande guerre est multiple.  En voici un aspect : l’armée se réorganise complètement.

Au cours de l’« année terrible », le pays traumatisé perd environ 140 000 soldats, presque 4 départements, 1 700 communes et 1,6 million d’habitants. La toute jeune IIIème République se construit sur ce désastre.

1870 sert de déclencheur. Pour les républicains, le courage du peuple français et la vaillance de son armée ne sont pas en doute. Le responsable c’est Napoléon III qui n’a pas su leur donner les moyens militaires de la victoire. La nouvelle République met alors en place une série de réformes militaires sans précédent, d’ailleurs parfois inspirées du modèle germanique, et confie à l’armée la tâche de régénérer la Nation.

Les grandes lois se succèdent. Les unités, les cadres, le commandement, la formation et le service militaires sont réorganisés. 22 corps d'armée permanents sont constitués dans 22 régions militaires. On installe le Conseil supérieur de la guerre, l’état-major général, l’Ecole de guerre (reflet de la Kriegsakademie allemande). De nouvelles écoles d’officiers et des cours militaires spéciaux ouvrent à Saint-Maixent, Saumur, Versailles, Paris, Toulon... amorçant une véritable renaissance intellectuelle des cadres l’armée. On prévoit l’aménagement de plusieurs grands camps militaires mais les moyens financiers viendront à manquer. L’état-major organise, sur le modèle prussien, de nouvelles techniques d’entraînement tactique des commandants et des corps (Kriegspiel, grandes manœuvres). Au besoin, l'épopée coloniale qui s’accélère, fournit aux officiers une expérience de terrain.

Eviter que le désastre de 1870 ne se reproduise implique que chaque citoyen reçoive une formation militaire. Un Français sur deux fait maintenant son service. Cette période de la vie du jeune homme qui devient un rite de passage républicain à l’âge adulte, ne doit plus déstructurer la vie de l’appelé : il est effectué localement et sa durée passe progressivement de 5 à 2 ans. Pour accueillir toutes ces recrues, le nombre des régiments augmente. Les garnisons sont fixes et le recrutement local. Des soldats attachés à leur unité ancrée dans leur petite patrie défendront mieux la grande.

C’est ainsi que dans les années 1880, une partie du 142ème régiment d’infanterie s’installe à Mende. Et c’est ainsi qu’entre 1914 et 1918, environ 28 000 Lozériens partent au combat au sein de cette nouvelle armée.

Arch. dép. Lozère 96 Fi 399 Entrée de la caserne du 142ème RI à Mende vers 1910. Carte Postale

Arch. Dép.Lozère 110 Fi Monument aux soldats de 1870, Mende, devant la Mairie vers 1900

Arch. dép. Lozère 96 Fi 399 Entrée de la caserne du 142ème RI à Mende vers 1910. Carte Postale

Arch. dép. Lozère 128 J Protège cahier vers 1900