70e anniversaire du droit de vote des femmes 1945-2015

 
 
70e anniversaire du droit de vote des femmes 1945-2015

Découvrez le film réalisé par le ministère de l'Intérieur recueillant les témoignages de ces femmes qui ont voté pour la première fois en 1945.

Ce film a été présenté hier lors du conférence de presse présidé par Denis MEFFRAY, directeur départemental de la cohésion sociale et de la protection des populations, en présence de Madame Christine CHAPELLE, présidente du  Centre d’informations des Droits des Femmes et des Familles.

« Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». C’est par ces mots que l'ordonnance du 21 avril 1944, prise par le Gouvernement provisoire du général De Gaulle à Alger, instaure le droit de vote des femmes en France. Un an plus tard, nombreuses sont les Françaises qui se rendirent pour la première fois aux urnes, et ce tout au long de l’année 1945 : le 29 avril et le 13 mai pour les élections municipales, en septembre pour les élections cantonales puis le 21 octobre pour l’élection d’une Assemblée constituante. Plusieurs femmes furent élues maires, 33 devinrent membres de l’Assemblée nationale constituante.

Cet élargissement du droit de vote, voulu par Olympe de Gouges dès la Révolution française, et si longtemps attendu, marque une étape majeure dans la longue marche de notre démocratie vers l’égalité entre les femmes et les hommes. Le ministère de l’intérieur et son réseau préfectoral, placés depuis toujours au cœur de l’organisation des élections et de nos institutions républicaines, se doivent de s’associer pleinement à cette commémoration.
Cet anniversaire est également l’occasion de mesurer ensemble le chemin parcouru au cours des 70 dernières années.

Comme l’illustrent les témoignages des femmes qui vécurent ce moment, l’aprèsguerre fut une période de profonde transformation de la société et a constitué un terreau fertile à bien des égards pour l’accession progressive des femmes à l’égalité civile et professionnelle.

Dans  tous les  domaines,  les  progrès  réalisés  depuis  les  prémices  de  la  Vème  République  sont  notables.  Ainsi  en  est-il  par  exemple  du  droit  d’exercer  une  activité  professionnelle  sans l’autorisation du mari, en 1965, des droits à la contraception, en 1967, et à l’avortement, par la loi
Veil, en 1975.

Ces  progrès  restent  toutefois  à  parachever.  Les  inégalités  persistantes  entre  femmes  et  hommes  justifient une pleine mobilisation de chacune et chacun d’entre nous. L’introduction de la parité dans notre système électoral, par une modification de la Constitution en 1999,  fut  un  jalon  crucial  du  long  processus visant  à  renforcer  la  participation  féminine  à  la  vie politique qui n’avait, pendant 50 ans, que trop peu évolué. Il a fallu, au fil des ans, durcir les lois pour améliorer une situation qui reste aujourd’hui très insatisfaisante.

La composition de nos assemblées n’en témoigne que trop. Seuls 26,4 % des députés et 25,5% des sénateurs  sont  aujourd’hui  des  femmes.  En  2014,  plus  de  209  000  femmes  furent  élues  dans l’ensemble  des  conseils  municipaux,  soit  environ  40%,  mais  les  mairies  et  intercommunalités restent dirigées respectivement à 84% et 92% par des hommes. Seuls les résultats des élections européennes et régionales s’approchent de la parité, grâce à des contraintes désormais plus strictes.

La présidence des conseils régionaux est néanmoins encore rarement confiée à des femmes. En mars dernier, une innovation, le scrutin binominal paritaire, a permis d’élire 50 % de femmes aux élections  départementales.  Mais  sur  les  101  départements,  seules  10  présidences  leur  ont  été
confiées.

Ces chiffres attestent que, malgré d’indéniables avancées, l’égalité entre hommes et femmes reste un  combat  d’actualité.  Le  soixante-dixième  anniversaire  du  premier  vote  des  femmes  est  un moment important pour notre République. Il doit être l’occasion de réaffirmer notre mobilisation et
d’inviter les jeunes générations, femmes et hommes, à s’emparer de cette cause. Le bulletin glissé dans l’urne le 29 avril 1945 rappelle que le droit de vote a été l’objet d’une conquête, le résultat d’une lutte, pour les femmes comme, avant elles, pour les hommes.

Alors que les jeunes générations s’abstiennent davantage que leurs aînées, percevant sans doute le droit de vote et l’égalité civique comme acquis et irrévocables, il importe qu’elles soient attentives à la place de ces acquis dans leur identité, tant citoyenne que sociale. Il appartient à chacun d’entre
nous de rappeler que le concours actif à la vie citoyenne est indispensable, et qu’il participe de la solidité de notre démocratie et scelle le vivre-ensemble.
Il nous appartient à toutes et tous de continuer à faire évoluer les représentations, de combattre les stéréotypes, et de promouvoir inlassablement l’égalité réelle.

Découvrez en cliquant ici  le film réalisé par le ministère de l'Intérieur