5ème plan de lutte contre les violences faites aux femmes

 
 
Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes
25 novembre 2016

Quelques rappels

Historique de la journée du 25 novembre : la date du 25 novembre a été choisie pour honorer la mémoire de trois femmes de la République Dominicaine, les sœurs Mirabal, ferventes militantes pour la liberté et les droits, brutalement assassinées en 1960 sur les ordres du chef de l'État, Rafael Leonidas Trujillo. Participant activement aux actions politiques menées contre la dictature en place, elles furent persécutées par ce régime et plusieurs fois incarcérées avant d’être assassinées alors qu’elles se rendaient à la prison où étaient détenus leurs maris. Ces meurtres causèrent un choc énorme à la population toute entière et furent l’un des facteurs  déclenchant un mouvement anti-Trujillo. En l’espace d’un an la dictature fut renversée. Elles devinrent alors les symboles du combat pour éradiquer ce fléau qu'est la violence à l'égard des femmes.

En 1981, une première rencontre féministe eu lieu à Bogota  en Colombie où de nombreuses femmes dénoncèrent les violences qu’elles avaient subies au sein de leur famille ou hors du cercle familial, ainsi que les violences commises par l’Etat ( torture, viols des femmes incarcérés pour des raisons politiques) . Les sœurs Mirabal symbolisant aussi bien la résistance d’un peuple que la résistance des femmes, c’est tout naturellement qu’il fut décidé à l’issue de cette rencontre de  faire de cette journée du 25 Novembre la « journée d’élimination de la violence à l’égard des femmes ».

Contexte de cette journée : Elle s’inscrit dans la résolution 54/134 de l’ONU du 17/15/1999 qui vise à organiser au cours de cette journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, des activités conçues pour sensibiliser l’opinion.

 

Dispositions du cinquième plan gouvernemental de lutte contre les violences faites aux femmes 2017/2019

Mercredi 23 novembre dernier, le gouvernement a présenté son cinquième plan de lutte contre les violences faites aux femmes 2017/2019

Au total, "122 actions" sont prévues.

La ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des Femmes, Laurence Rossignol, s'est félicitée des " "progrès considérables" réalisés depuis le dernier plan, avec des faits "mieux connus" et "davantage dénoncés". "La parole se libère un peu, il y a un mouvement dans la société, mais il y a encore beaucoup trop de femmes victimes de violences", constate–t-elle, entendant  privilégier l'accueil des femmes victimes de violence et les inciter à porter plainte.

En moyenne, 200 000 femmes sont victimes de violences conjugales chaque année. Et en 2015, 122 femmes sont décédées des suites de violences.

Elle a également annoncé des "moyens nouveaux", grâce à un budget estimé entre 125 et 140 millions d'euros, soit le double du budget du quatrième plan.

Renforcer les dispositifs existants

Entre 2014 et 2016, 1550 nouvelles places d'hébergement ont été créées grâce au quatrième plan du gouvernement. 530 Téléphones Grand Danger (TGD), qui permettent d'alerter rapidement les plateformes spécialisées ont également été distribués.

Pour son cinquième plan, dont la mise en application est prévue sur deux ans entre 2017 et 2019, le gouvernement entend à nouveau améliorer la prise de contact entre victimes et professionnels. Les médecins, policiers, avocats, ou encore le personnel administratif en contact avec les victimes bénéficieront donc systématiquement d'une formation adaptée.

Grâce au plan précédent, 300 000 professionnels avaient d'ores et déjà été formés. Le gouvernement espère également pouvoir créer 350 places d'hébergement supplémentaires, dont un tiers réservé aux femmes de 18 à 25 ans. Le dispositif du TGD sera quant à lui généralisé sur tout le territoire.

Mais l'un des défis du gouvernement reste le dépôt de plainte des victimes. Le cinquième plan évoque "les difficultés des femmes à porter plainte contre les violences qu'elles subissent, liées à un phénomène d'emprise, de culpabilité, ou bien encore par peur des représailles". Le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes indique ainsi que seule une victime de viol sur huit ose se présenter au commissariat.

 De son côté, le gouvernement réfléchit à la mise en place d'un système qui permette de "recueillir des preuves des violences en l'absence de plainte".

Venir en aide aux victimes les plus vulnérables

Ce nouveau plan est également l'occasion pour le gouvernement de protéger les victimes les plus vulnérables, comme les enfants et les femmes jeunes et/ou isolées géographiquement.  Laurence Rossignol a ainsi déclaré qu'"un enfant témoin de violences est un enfant victime".

Selon les chiffres établis, 143 000 enfants vivraient dans un foyer où la femme est victime de violences. Le nouveau plan du gouvernement devrait donc permettre la mise en place, à titre expérimental, "d'espaces de rencontre protégés".

Les femmes isolées géographiquement sont également concernées. Le gouvernement envisage la création de permanences d'écoute, au sein des Maisons de service qui regroupent déjà plusieurs services administratifs. Un système de transport, "les bons taxis", sera également mis en place dans 25 départements test, pour conduire les victimes de violence dans différents lieux de prise en charge.

Entre le 23 et le 25 novembre, date de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, une large campagne de sensibilisation sera dévoilée sur les réseaux sociaux. L'occasion pour le gouvernement de sensibiliser les plus jeunes, "plus exposées aux violences mais moins visibles", à la lutte contre la violence faite aux femmes, notamment sur Internet, où les cas d'harcèlement en ligne ou de menaces de diffusion de photos intimes, sont fréquents.

Lutte contre la prostitution

Laurence Rossignol se félicite de la publication du décret en Conseil d’Etat relatif au parcours de sortie de la prostitution. Six mois après la promulgation de la loi , ce décret constitue une étape décisive dans la mise œuvre du volet social de la loi visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées.

Le décret précise les caractéristiques du parcours de sortie, les conditions retenues pour l’agrément des associations. Il définit en outre la composition et les missions de la commission chargée de la mise en œuvre du parcours de sortie dans les territoires, créée dans chaque département et présidée par le préfet.

La publication du décret intervient simultanément à l’abondement du fonds prostitution à la hauteur des enjeux : le projet de loi de finances pour 2017 prévoit 6,6 millions d’euros de crédits budgétaires.

Depuis 4 ans, les moyens alloués à la sortie de la prostitution ont triplé. Dès 2016 déjà, le soutien financier aux associations a été renforcé à hauteur de +57% en moyenne (+47% pour les têtes de réseaux nationales et de +60% au niveau local). A partir d’aujourd’hui, les associations engagées dans une politique de prise en charge globale des personnes prostituées peuvent solliciter l’agrément pour accompagner les bénéficiaires du parcours.

La publication de ce texte, 6 mois à peine après la promulgation de la loi, témoigne de la détermination du gouvernement à faire de l’abolition de la prostitution une réalité.

 

La déclinaison de  la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes en Lozère

  • du 22 novembre 2016 au 01 décembre 2016 : animation débat auprès de lycéens. Sont concernés à Mende le lycée Notre Dame, le lycée Peytavin, le lycée Chaptal, ainsi que le LEGTA à La Canourgue, soit une dizaine de classes. Organisée par le CIDFF avec le soutien de l’Etat,  la thématique centrale porte sur le respect mutuel entre filles et garçons. Le support de ces interventions sera la vidéo « Fred et Marie ».

A Mende, les policiers participeront aussi aux interventions dans les établissements.

  • mercredi 30 novembre : soirée grand public au ciné théâtre à St Chély d’Apcher18H30 « Une affaire privée » de Patrick Jean puis débat ;
  • 20h30 « Sonita » également de Patrick Jean, film qui traite du mariage forcé.

Par ailleurs, le mouvement du planning familial organise le 26 novembre à 11h devant ses locaux un rassemblement avec dépôt de fleurs rouges pour les victimes de violences conjugales.