Missions et rôle de l’Observatoire Départemental de la Sécurité Routière

 
 

Au travers des analyses statistiques de l’observatoire départemental de sécurité routière (ODSR), l’État dispose d’un outil lui permettant de caractériser les enjeux de Sécurité Routière du département. Il s’agit d’un outil fondamental pour constamment améliorer la politique menée en matière de prévention et de sécurité routière. La tenue de l’ODSR est réalisée par M Serge Richard, au sein de l’unité sécurité et gestion de crise la direction départementale des territoires de la Lozère (DDT).

Rôle de l’ODSR dans la politique locale de sécurité routière :

La politique de sécurité routière est placée sous la responsabilité du préfet et confiée à la directrice des services du cabinet de la préfecture en tant que chef de projet sécurité routière. Cette dernière est assistée dans cette mission par la coordination sécurité routière assurée à l’unité sécurité et gestion de crise de la DDT.

Le rôle de l’observatoire consiste en l’analyse des statistiques relatives aux accidents corporels de la circulation routière, dans le but de faciliter la mise en œuvre de la politique locale de sécurité routière.

L’ODSR intervient principalement dans trois domaines complémentaires :

  • la tenue de la base accidents, et d’une manière plus générale, de tous les outils de connaissance de l’insécurité routière du département ;
  • l’analyse de l’accidentalité au niveau départemental ;
  • la diffusion de la connaissance de l’accidentalité, par la publication périodique des bilans d’accidentalité notamment.

Les analyses de l’accidentalité de l’ODSR ont contribué à identifier quatre enjeux de sécurité routière en Lozère :

- La vitesse et les comportements

- L’alcool et les stupéfiants

- Les jeunes

- Les deux roues motorisés.

Les plans d’actions en matière de sécurité routière que sont le document général d’orientation (DGO), établi tous les 5 ans, et le plan départemental d’actions sécurité routière (PDASR) annuel, reposent notamment sur les analyses de l’ODSR.

Mission et fonctionnement de l’ODSR :

L’ODSR est responsable au plan départemental de la cohérence, de la qualité et de l’exhaustivité du fichier national des accidents corporels. Pour effectuer sa mission, il dispose du logiciel « Concerto » qui lui permet de faire des requêtes et de sortir les analyses de l’accidentologie. La publication des statistiques accidents se fait par l’intermédiaire d’un site intranet « Portail accident ».

Pour ce faire, M Richard recueille en début de mois les données d’accidents corporels de la circulation du mois précédent, fournies par la police sur la commune de Mende et pour le reste du département par la gendarmerie. Outre le nombre d’accidents, de tués et de blessés (ATBH), sont également communiquées des informations qualitatives concernant les causes, la localisation, l’âge du conducteur présumé responsable, la présence d’alcool, etc.

Ces données sont dites « non consolidées » ou « rapides », c’est-à-dire qu’elles peuvent être amenées à évoluer à court terme. Par exemple, une personne initialement comptabilisée comme « blessé hospitalisé » suite à un accident de la circulation peut par la suite être comptabilisée comme « tué » si elle vient malheureusement à décéder, dans les 30 jours suivant l’accident. Malgré ces écarts, les remontées rapides ont pour avantage de fournir un constat instantané de l’accidentalité lozérienne.

Ces informations sont retranscrites mensuellement dans un bulletin qui récapitule l’ATBH depuis le début de l’année, et qui analyse la situation du mois en le comparant avec celle du même mois de l’année précédente. Par exemple, les accidents du mois de septembre 2014 sont comparés avec ceux du mois de septembre 2013. Le bilan est adressé à l’ensemble des acteurs de la sécurité routière et publié sur le site internet des services de l’Etat (http://www.lozere.gouv.fr/Politiques-publiques/Transports-Deplacements-Securite-routiere/Securite-Routiere/L-accidentologie-en-Lozere).

Une fois par mois, lors des réunions de police élargies au domaine de la sécurité routière, ce bulletin permet au préfet d’appréhender l’accidentalité au quotidien et d’adapter au mieux la politique locale de sécurité routière aussi bien sur le volet prévention que pour la partie répression.

L’ODSR a également pour mission de communiquer mensuellement ces données « non consolidées » à l’Observatoire National pour alimenter le fichier national des accidents corporels qui permet de suivre l’accidentalité en France.

Principales productions de l’ODSR :

Outre le bulletin mensuel, l’ODSR a en charge la production de diverses analyses, programmées ou à la demande.

En début d’année, l’observatoire prépare le bilan annuel de l’accidentalité départementale de l’année écoulée à destination du préfet, du ministère de l’intérieur et des différents partenaires.

De même, annuellement, l’ODSR apporte sa contribution à l’élaboration du PDASR (évoqué ci-dessus) par l’étude détaillée des accidents qu’il fournit et qui sert à orienter les différents partenaires associatifs ou institutionnels (administrations) dans les actions sécurité routière qu’ils devront proposer et mener durant l’année.

En cours d’année, l’ODSR produit des bilans statistiques à la demande de la préfecture pour différents motifs : point presse, réunion sécurité routière, manifestation en lien avec la sécurité routière, ou pour éclairer la DSCR sur une problématique spécifique, etc..

Les données d’accidentalité sont également utiles pour analyser la sécurité d’un carrefour, d’une traversée de bourg ou d’une portion de route lorsque des usagers interpellent le préfet sur une problématique de sécurité routière.

Enfin, il est sollicité pour mener diverses études accidentologiques pour le compte des services de l’État qui en font la demande, comme dans le cadre d’un projet routier afin d’évaluer l’insécurité routière existante.

Point sur l’accidentalité routière en Lozère :

Avec 57 accidents corporels enregistrés en 2013, l’accidentalité du département a été l’une des plus faibles de France.

Cependant, il est nécessaire de maintenir tous les efforts mis en œuvre pour contenir l’insécurité routière, car malgré la baisse régulière du nombre d’accidents, le nombre de tué est en augmentation depuis 4 ans. La mortalité est passée de
5 tués en 2008 et 6 en 2009, à 13 en 2012 et 16 en 2013. Et, en 2014, on déplore déjà 9 tués au 30 septembre dont 2 accidents mortels avec présence d’alcool.

Le nombre de blessés baisse régulièrement ces dernières années pour atteindre un total de 62 en 2013 dont les ¾ sont des blessés hospitalisés plus de 24 heures. Mais en 2014, la tendance est plutôt à la hausse avec 6 blessés de plus enregistrés au 30 septembre.

Les causes de l’insécurité routière du département se caractérisent par une majorité d’accidents dus à une « perte de contrôle à vitesse inadaptée » (50 % en 2014). Le nombre d’accidents avec présence d’alcool a baissé depuis 2010 et actuellement on en comptabilise 5 au 30 septembre, comme en 2013.

Les véhicules légers sont les usagers les plus représentés dans les accidents avec environ 80 % des cas. Puis suivent les motocyclettes qui enregistre selon les années entre 10 et 18 accidents. Enfin, le nombre d’accidents impliquant des poids-lourds se situe entre 4 et 7 et celui des piétons entre 6 et 8 par an.

Sur les 3 dernières années, les conducteurs lozériens sont responsables de la moitié du nombre total d’accidents recensés sur le département. Enfin, les conducteurs présumés responsables de la tranche d’âge 18-24 ans comptabilisent en moyenne 11 accidents par an.